dimanche 29 avril 2012

Stand-by

Le mois d'avril touche à sa fin et les éditions Ecorce n'ont pas grand-chose à raconter. Il y a des périodes comme ça. Transitoires, sans doute. Entre les deux tours des élections, en plus de ça. Le sujet monopolise l'attention et court sur toutes les bouches, ou presque. 
Par ailleurs, la culture se fait rare dans les discours énoncés et dans les programmes. Elle semble secondaire, voire optionnelle. Ça ne sert pas à grand-chose il faut dire, la culture, sauf à divertir, n'est-ce pas. D'autant qu'on la retrouve souvent rangée, ou plutôt mélangée, avec les sports et les loisirs. 
Il y en a qui se retournent dans leur tombe à l'heure actuelle.

Cette période de stand-by n'empêche cependant pas les idées d'affluer et les projets de germer. C'est sans doute la saison qui veut ça. La graine prend et la tige voit le jour, puis les feuilles et les fleurs. Les fruits arrivent bien plus tard, en temps voulu, si toutes les conditions favorables sont réunies. 
La graine qui semble vouloir prendre ces derniers temps aux éditions Ecorce s'appelle Smoke. C'est le nom d'une nouvelle collection qui ne verra le jour qu'avec ses premiers fruits, c'est à dire des romans. Sans doute après l'été. En fin d'année, vous dites-vous peut-être, puisque c'est une tradition chez Ecorce. Les fruits sont automnaux. Et j'en parle au pluriel, car il se pourrait bien qu'il y en ait deux d'un coup. Je présenterai mieux cette collection dans quelques temps, en vous livrant des noms tant qu'à faire.


dimanche 22 avril 2012

Black nights

L'édition 2012 des Nuits noires d'Aubusson s'annonce chargée, avec pas moins de 12 auteurs présents : Laurence BIBERFELD, Hafed BENOTMAN, Gilles DEL PAPPAS, Fred GEVART, Sylvie GRANOTIER, Cyril HERRY, Marin LEDUN, Eric MANEVAL, Jean-Hugues OPPEL, Jean-Bernard POUY, Sébastien RUTES et Antonin VARENNE.

Le programme complet et détaillé à l'heure près est d'ores et déjà disponible sur le blog des Nuits noires, ainsi que les quatre romans en course pour le prix du polar lycéen d'Aubusson. Et l'ouverture du festival se fera cette année en musique, avec Stella Univers (composé d'élèves du lycée Eugène Jamot) et Lulu La Nantaise. Ce sera le mercredi 30 mai, à l'Avant Scène, à 20 heures 30.

Suivez le guide pour les détails, c'est ici.
Le programme reste à compléter et nous ne manquerons pas de le faire en temps voulu ici même. Et, naturellement, nous rapporterons des images témoins de l'événement, comme tous les ans.

 










vendredi 6 avril 2012

Ne te découvre pas d'un fil

Il est question du roman Recluses aujourd'hui sur le site K-libre. La chronique, signée Laurent Greusard, se trouve ici. Extrait : À l'instant de la déflagration, Séverine Chevalier se tait et passe à autre chose, car elle n'est pas là pour nous écrire un énième thriller sur le mode du terrorisme.

Les 28 et 29 avril prochains, la onzième édition du festival Mauves en noir sera inaugurée. Un beau programme, une fois encore, proposé par une équipe de passionnés. Et un trombinoscope qui devrait vous mettre l'eau à la bouche. Toutes les infos nécessaires se trouvent ici. Notez que Fred Gevart sera présent sur le festival et que son roman Bois est en course dans le cadre du prix de la ville de Mauves-sur-Loire.

samedi 24 mars 2012

Des idoles

Ce matin, un petit mail dans ma boîte disait : « Toutes ces citations sonnent comme un requiem. » Un crépuscule, aurait sans doute rectifié Nietzsche, mais certainement plus celui des idoles (ou plus tout à fait les mêmes, disons...).

On assimile différemment une idée selon sa provenance. Même s'il s'agit de la même idée. Issue d'un roman de Joe R. Lansdale, elle sera différente d'un article du Monde qui l'exprime aussi, en d'autres termes et 15 ans après, mais intacte. Issue de la bouche d'un candidat socialiste (ou dérivé), vous l'entendrez autrement que si elle provient d'un scénario d'Olivier Assayas. Quatre provenances et quatre interprétations, mais toujours la même idée pourtant.
Pourquoi ?

Fort heureusement, personne ne m'a demandé au cours de cette semaine quel était le rapport entre le roman noir et ces citations. De temps en temps, j'en posterai d'autres, même si c'est moins captivant que la lecture d'un bon roman noir, et moins immédiat que les promesses et les pirouettes d'un homme politique en campagne.

Ce week-end, France Bleu Creuse va diffuser une émission réalisée avec trois éditeurs du département : Fond d'encre, Sans sucre ajouté et Ecorce. Nous avions tous les trois participé en 2010 à une table ronde à l'occasion de la journée du livre de Fursac, animée par Olivier Thuillas, du CRL (Centre régional du livre). Les dialogues croisés avec le public présent et les éditeurs entre eux avaient été riches. Deux ans plus tard, nous allons nous recroiser sur les ondes et parler de nos parcours respectifs, de nos intentions, de nos créations et de notre regard sur le monde du livre, bien actuel. Le marché du livre numérique, entre autres.

Séverine Chevalier est à présent fichée au sein du site K-libre. Un portrait, des dates et une courte bio, en attendant la chronique de son roman Recluses, qui ne saurait tarder. Cette même semaine, K-libre nous informe de la parution du n°127 du fanzine La vache qui lit, dont nous parlions précédemment, et qui reprend l'interview de Séverine réalisée par Caroline Obringer pour le blog Unwalkers, en février. La bio de Séverine est ici.

Dans le numéro 11 de la revue L'indic, nous l'indiquions dernièrement aussi, il est question des 25 bougies de la collection Rivages. Trois pages sont consacrées à cet anniversaire. Elles sont signées Eric Maneval. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'auteur en connait un bout sur l'histoire et surtout sur le contenu de cette collection phare en France. Et ce n'est pas un historique qu'il nous livre pour cette occasion, c'est sa propre expérience, aux limites de l'intime : ou comment les romans Rivages ont pu jalonner sa propre trajectoire. Quand, qui et comment.
Le blog de l'association Fondu au noir (coupable de L'indic) est ici.

Très bonne(s) lecture(s) à vous en ce radieux week-end.

vendredi 23 mars 2012

L'ère du vide

Gilles Lipovetsky : Ici comme ailleurs, le désert croît : le savoir, le pouvoir, le travail, l'armée, la famille, l'Église, les partis, etc. ont déjà globalement cessé de fonctionner comme des principes absolus et intangibles ; à des degrés différents, plus personne n'y croit, plus personne n'y investit quoi que ce soit.

Qui croit encore au travail quand on connaît les taux d'absentéisme et de turn over, quand la frénésie des vacances, des week-ends, des loisirs ne cesse de se développer, quand la retraite devient une aspiration de masse, voire un idéal ;

qui croit encore à la famille quand le taux de divorces ne cesse d'augmenter, quand les vieux sont chassés dans les maisons de retraite, quand les parents veulent rester « jeunes » et réclament le concours des « psy », quand les couples deviennent « libres » (...);

qui croit encore aux vertus de l'effort, de l'épargne, de la conscience professionnelle, de l'autorité, des sanctions ? Après l'église qui n'arrive même plus à recruter ses officiants, c'est le syndicalisme qui connaît une même chute d'influence : en France, en trente ans, on passe de 50% de travailleurs syndiqués à 25% aujourd'hui.

Partout, l'onde de désaffection se propage, débarrassant les institutions de leur grandeur antérieure et simultanément de leur puissance de mobilisation émotionnelle. Et pourtant le système fonctionne, les institutions se reproduisent et se développent, mais en roue libre, à vide, sans adhérence, ni sens, de plus en plus contrôlées par les « spécialistes », les derniers prêtres, comme dirait Nietzsche, les seuls à vouloir encore injecter du sens, de la valeur, là où ne règne déjà plus qu'un désert apathique.

De ce fait, si le système dans lequel nous vivons ressemble à des capsules d'astronautes dont parle Roszak, c'est moins par la rationalité et la prévisibilité qui y règnent que par le vide émotionnel, l'apesanteur indifférente dans laquelle se déploient les opérations sociales.

jeudi 22 mars 2012

Cabane

Gilles A. Tiberghien : Construire une cabane, c'est précisément ne rien fonder. Même si cela n'exclue pas une expérience « fondamentale », une expérience du sol et de l'environnement. Mais pas de la stabilité ou des racines – ce qui est le propre des demeures familiales qui portent bien leur nom. (...)
L'étymologie de « cabane » signifie « petite maison ». Sauf que les cabanes n'ont rien à voir avec les maisons, ou alors comme un auvent, une grotte, un terrier, ou n'importe quel abri a à voir avec n'importe quel autre. (...)
Je me demande s'il n'en va pas ainsi des hommes, de ceux qui vivent « sous le même toit » et qui, régulièrement, sortent de chez eux, non tant pour se divertir, comme le déplore Pascal, que pour se voir sous un autre jour, pour ne pas oublier la part d'eux-mêmes qui les relie au monde et sans laquelle leur intelligence est atrophiée. La cabane, elle, nous tient tout de suite en éveil, en prise avec ce qui nous entoure.

mercredi 21 mars 2012

Le terrier

Franz Kafka : Je vis en paix au plus profond de ma maison, et cependant quelque part, n'importe où, l'ennemi perce un trou qui l'amènera sur moi. Je ne peux pas dire qu'il ait plus de flair que je n'en ai ; peut-être m'ignore-t-il autant que je l'ignore. Mais il existe des ravisseurs acharnés qui fouissent aveuglément (...).

mardi 20 mars 2012

Humain

Friedrich Nietzsche : Qui a beaucoup à faire conserve à peu près sans changement ses idées et opinions générales. De même qui œuvre au service d'un idéal : il ne soumettra plus jamais l'idéal lui-même à examen, il n'en a plus le temps ; il est même contraire à son intérêt de le croire encore discutable.

lundi 19 mars 2012

Dans le château de Barbe-Bleue

George Steiner : Ce passage d'un état de culture triomphant à une après-culture ou à une sous-culture se traduit par une universelle
« retraite du mot ».
(...) Les sociologues, les spécialistes des communications de masse répètent tous les jours que la primauté de la « logique », cet agencement des éléments du temps autour du logos, touche à sa fin. (...) Les mots sont rongés par les mensonges et les faux espoirs dont ils sont responsables. (...) Le goût du style, du « travaillé » des formes expressives, est devenu une attitude de mandarin, quasiment suspecte.

dimanche 18 mars 2012

In god we trust

Christian Bobin : Le monde industriel c'est le monde tout entier, une fable noire pour enfants, une mauvaise insomnie dans le jour. La présence de l'argent y est considérable, autant que celle de Dieu dans les sociétés primitives.